Sept Logo

www.sept.info/it/occupation-lefebure-episode-5

Indietro

Les résistants (5/5)

Un résistant français et un soldat américain lors d'un combat de rue en 1944.  © National Archives USA

Résister durant la guerre allait de pair avec une certaine discrétion. Pas étonnant que l'on ne retrouve aucune communication entre les hommes de l'ombre dans les papiers de la censure. Pourtant la dissidence se joue quotidiennement comme en témoignent les documents qui suivent. Tiré des Conversations secrètes sous l'occupation.

 42 minutes de lecture

La défaite et l’occupation de la moitié du pays par l’Allemagne suscitent aussitôt, chez une frange de la population, un refus de la fatalité. Dans une atmosphère alourdie par la multiplication des difficultés matérielles, tous les Français ne se replient pas sur eux-mêmes et sur leurs problèmes de survie quotidienne. Les premiers résistants hostiles à l’occupant et critiques de Vichy se mobilisent, à contre-courant d’une population désorientée qui, en 1940-1941, croit encore que Pétain peut les protéger des conséquences de la défaite.

Résister, c’est d’abord un état d’esprit, l’expression d’un patriotisme viscéral qui ne supporte pas le spectacle du triomphe d’un ennemi haï depuis 1870. Ce sentiment est renforcé par une idéologie antinazie, qu’elle vienne d’un engagement politique ou d’un christianisme militant. Résister, c’est d’abord écouter la BBC où s’exprime la «dissidence gaulliste», changer de trottoir à la vue de soldats allemands, qualifier l’occupant, dans ses conversations et ses lettres, des surnoms les plus insultants. Résister, c’est aussi s’engager physiquement. Les premières actions restent individuelles. Beaucoup de Français ne dépasseront pas ce stade, par peur de la répression. La police allemande et celle de Vichy veillent: des mouchards opèrent dans tous les lieux publics, le courrier est ouvert et la sauvagerie des représailles en fait réfléchir plus d’un. Malgré un sentiment antiallemand omniprésent, la plupart des Français se contentent d’une résistance toute passive, qui ne les empêche cependant pas de coexister, voire de commercer avec l’occupant. L’attentisme règne, surtout pendant les deux premières années de la guerre, où la supériorité de l’Allemagne est écrasante. C’est pourquoi ils sont admirables, ces premiers résistants qui mènent, spontanément ou à partir des mots d’ordre de la BBC, des actions individuelles ou collectives. Ainsi, le 11 novembre 1940, des milliers de lycéens parisiens vont manifester en déposant une gerbe de fleurs sous l’Arc de triomphe. Plusieurs dizaines d’entre eux sont arrêtés. A Lyon, à Marseille, on assiste à des démonstrations germanophobes du même type.

Les arrestations, fusillades d’otages et déportations ne font qu’exacerber les sentiments. Ces représailles de la Gestapo et de ses complices français n’étouffent en rien le désir de «faire quelque chose». Peu à peu, l’action s’organise autour de différentes sensibilités: de Gaulle, le parti communiste et les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) qui mènent à partir de 1942 une lutte armée de type révolutionnaire. Agissent alors les réseaux à vocation militaire gaullistes ou anglais de l’Intelligence Service; les mouvements organisés autour d’un journal clandestin dont l’objectif est de sensibiliser la population, les réseaux d’aide aux prisonniers, le noyautage de l’administration.

Nous ne disposons, bien entendu, d’aucune lettre de résistant engagé dans l’action. Ils ne se risquaient pas à confier à la poste le récit de leurs aventures ou leurs sentiments. En revanche, beaucoup de simples citoyens, inconscients des dangers encourus, manifestaient dans leur correspondance privée un esprit de farouche insoumission. A travers ces lettres, la résistance apparaît sous différents aspects. Avant de devenir le mouvement que l’on connaît, elle s’exerce d’abord à un niveau individuel. Premières initiatives de résistance, aussi naïves que touchantes, l’envoi de lettres anonymes, mais incendiaires, au quartier général allemand de l’hôtel Majestic. Quelques-unes de ces missives ont été conservées dans les archives du Majestic, saisies à la Libération, telle celle de cet ancien combattant qui écrit, le 16 novembre 1940:

Antoine Lefébure

da Antoine Lefébure

Antoine Lefébure, né en 1950, est un essayiste français, expert des technologies de la communication, créateur en 1974 de la mythique revue Interférences, militant de la libéralisation de la bande FM dans les années 70 et à l'origine de la chaîne payante Canal+. Il est auteur de livres et de documentaires.

Il seguito di questa storia è a pagamento.

Iscriviti

E goditi un accesso illimitato al sito per soli USD 5,90 /mese.

Hai già un abbonamento? Accedi!
Vedi i nostri abbonamenti

Acquista questo articolo

A partire da 3 dollars, scegli tu il prezzo da pagare per accedere a questo racconto e sostenerci senza alcun impegno.

Pagamento veloce e sicuro con Stripe

accedere prima di continuare

Già abbonato?

Accedi per accedere a questo contenuto.

Tutti gli hashtag

Iscriviti alle nostre newsletter

Iscriviti alle nostre newsletter e leggi un estratto gratuito delle nostre storie quando vengono pubblicate online. Rimani inoltre informato sull’uscita di ciascuno dei nostri mook e dei nostri libri.

I nostri partner

Union des éditeurs de voyage indépendants

Union des éditeurs de voyage indépendants

I migliori editori di viaggio del mondo

Association Films Plans-Fixes

Association Films Plans-Fixes

Realizzazione di ritratti filmati di personalità conosciute o meno della Svizzera romanda

Le Livre sur la Place

Le Livre sur la Place

Principale festival letterario di inizio stagione che si tiene a Nancy

Fondation Aventinus

Fondation Aventinus

Sostiene la diversità mediatica nella Svizzera romanda

Baiutti

Baiutti

Il costruttore contemporaneo

BCF

BCF

La banca cantonale di Friburgo

Canton de Fribourg

Canton de Fribourg

La cultura al servizio dei Friburghesi

Canton de Vaud

Canton de Vaud

La cultura al servizio dei Vodesi

DIMAB

DIMAB

Il tuo partner BMW, MINI e ALPINA per Vaud, Vallese e Friburgo

Events Sugiez

Events Sugiez

Creatore di spazi per feste

Fondation Fabrizio Calvi

Fondation Fabrizio Calvi

Promuovere il giornalismo investigativo

Fondation Jan Michalski

Fondation Jan Michalski

Per la scrittura e la letteratura

Fotostiftung Schweiz

Fotostiftung Schweiz

Preservare il patrimonio fotografico svizzero

Histoire et cité

Histoire et cité

Festival romando che interroga le questioni storiche contemporanee

InForm

InForm

Associazione dedicata all'intelligenza informativa

Journal La Motta

Journal La Motta

Scoprire ogni estate Fribourg, in modo diverso

Keystone-ATS

Keystone-ATS

L'agenzia di stampa svizzera

Kompreno

Kompreno

Il meglio del giornalismo europeo

La nuit de la photo

La nuit de la photo

La Chaux-de-Fonds difende la fotografia

La Semeuse

La Semeuse

Caffè tostato a 1000 metri di altitudine

Les Journées photographiques de Bienne

Les Journées photographiques de Bienne

Festival che esplora le nuove prospettive dell'immagine

Morand Constructions Métalliques

Morand Constructions Métalliques

Gli esperti del metallo dal 1899

Musée gruérien

Musée gruérien

Museo dedicato alla cultura e alla storia della Gruyère

OLF

OLF

Ufficio del libro di Friburgo

OIKOS & CO SA

OIKOS & CO SA

Studio di consulenza in finanziamenti speciali

Photo Basel

Photo Basel

Fiera d'arte dedicata alla fotografia

Photo Elysée

Photo Elysée

Museo cantonale vodese per la fotografia

Raboud Group

Raboud Group

Progettazione d'interni con sede a Bulle

CO 2

CO 2

Stagione culturale CO2 de la Gruyère

Rollin

Rollin

Agenzia di sviluppo web

TBB

TBB

Scena culturale principale di Yverdon-les-Bains

Vigousse

Vigousse

Settimanale satirico svizzero romando

Ville de Lausanne

Ville de Lausanne

Servizio biblioteca e archivi

Payot libraire

Payot libraire

Grande libreria svizzera, indipendente e impegnata, al cuore della vita culturale romanda