Cancer du sein: les profiteurs du mammo-business (1/4)
Scandale

Cancer du sein: les profiteurs du mammo-business (1/4)

Le dépistage du cancer du sein sauve peut-être des vies. Mais c’est surtout un modèle d’affaires qui rapporte. Enquête sur un système perclus de conflits d’intérêts non déclarés et d’études biaisées.

Le 2 février 2014, la terre a tremblé dans le milieu de la prévention du cancer du sein. Le Swiss Medical Board (SMB) venait de rendre public un rapport qui remettait en question la vache sacrée de ces spécialistes: le dépistage organisé du cancer du sein par mammographie. Le SMB recommandait de stopper les programmes existants, et de ne pas en lancer de nouveaux.

Swiss Medical Board (SMB)

Lancé en 2008 par la Direction de la santé du canton de Zurich sous forme de projet pilote, cet organe indépendant est placé depuis l’automne 2010 sous la coresponsabilité de la Fédération des médecins suisses (FMH), de l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM) et de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS). Sa mission: analyser des mesures diagnostiques et thérapeutiques (le plus souvent controversées). Et, sur cette base, formuler des recommandations à l’attention des décideurs politiques et des fournisseurs de prestations.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. La Fédération suisse des programmes de dépistage du cancer, swiss cancer screening, a exprimé sa «consternation» et souligné la «qualité transparente» des programmes cantonaux de dépistage.

La Ligue suisse contre le cancer (LSC) a fait savoir que la «méthodique» utilisée par le SMB ne la «convainquait pas». Même son de cloche du côté de la Société suisse de sénologie (SSS), qui a reproché au SMB de ne pas prendre en considération «les preuves scientifiques» existantes.

Toutes ces organisations ont fait part de leur souci de voir les femmes «inquiétées» ou «déstabilisées». Leur levée de boucliers a-t-elle été unanime parce que ces experts voulaient protéger les intérêts de la population féminine?

Si ce premier volet de notre enquête ne cherche pas à trancher le débat de l’utilité ou non du dépistage organisé, il montre en tout cas que…

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