Berlin, ce grand bazar

© Pierre-Yves Massot
«On ne peut pas embrasser Berlin autrement que comme un grand bazar», explique Pierre-Yves Massot.

D'une résidence artistique de six mois dans la capitale allemande, le Fribourgeois Pierre-Yves Massot a ramené des photos, des vidéos et des mots.

Des centaines de photos. Voilà ce que le Fribourgeois Pierre-Yves Massot a ramené de Berlin. 

Né à Avignon, élevé à Monthey, ce photographe inclassable est entré à l’Université de Lausanne à l’âge de 17 ans pour étudier la géologie. Il est arrivé à Fribourg à la fin des années 90 avec un but: se lancer dans le journalisme. Sa carrière de photographe débute à La Liberté, à l’époque de Roger de Diesbach.

Puis il se dirige vers de nouveaux horizons avec des études de sociologie et d’histoire de l’art. «Tout reprendre depuis le début, c’est fesser son ego», sourit-il. Mais surtout gommer une désillusion. Explications.

Vous vous définissez encore comme «photographe». Mais désormais, vos démarches vous mènent au-delà de la photographie. Comment vous est venue l’envie d’explorer d’autres territoires?
Elle vient d’une énorme déception. Lorsque je me suis lancé dans la photographie de presse, j’avais beaucoup d’attentes. Je m’identifiais à des modèles qui ont fait rêver bien des jeunes photographes. Je pense notamment aux reporters de l’agence Magnum (pour laquelle Henri Cartier-Bresson et René Burri, récemment décédé, ont travaillé, ndlr). Simplement, après une dizaine d’années de pratique, je me suis rendu compte que le métier, ce n’était pas ça. Que ce n’était plus ça. Ou même que ça n’avait jamais été ça. Dire qu’on est photographe de presse n’a plus rien de très prestigieux.

Vous n’avez pas tout plaqué pour autant…
Je me suis demandé que faire. Arrêter et tout laisser tomber? Continuer en devenant aigri? Je ne voulais pas de ça. J’ai donc choisi d’avancer, mais de modifier les paramètres. Avec les bouleversements d’internet, le photographe n’est plus seulement photographe. Il peut embrasser les nouveaux médias pour présenter son message d’une manière plus complète. Alors que le milieu entretient le défaut de vulgariser et de simplifier, parfois à l’extrême, on peut se consacrer à de nouveaux genres d’exercices qui permettent de présenter le monde tel qu’il est, à savoir complexe. La démarche prend du temps, mais peut faire la différence pour les gens intéressés.

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