Le «quatrième pouvoir n'existe pas» (3/3)

Claude Angeli, l'ancien rédacteur en chef du Canard enchaîné, revient sur les grandes pages de l'histoire de son journal au moment de la sortie de son autobiographie, Les plaisirs du journalisme dont voici les bonnes feuilles. A déguster en exclusivité francophone sur sept.info!

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Illustration de la couverture du livre «Les plaisirs du journalisme».© Pétillon

L’idée est séduisante, mais qui peut encore imaginer que la presse et les journalistes représentent un «quatrième pouvoir»? 

A vrai dire, cette formule attrayante n’est pas nouvelle. Son inventeur, Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais, évoqua, en 1787, un «quatrième état», en référence aux trois «états» de l’Ancien Régime (noblesse, clergé et tiers état). 

Au siècle suivant, Balzac avait perçu la nouvelle influence des journaux lorsqu’il écrivit, en 1840: «La presse est, en France, un quatrième pouvoir dans l’Etat. Elle attaque tout, et personne ne l’attaque.» 

Un propos qui, même à cette époque, aurait mérité d’être nuancé. Mais l’expression a vite traversé l’Atlantique, et s’est vue confortée en deux occasions. 

La première n’était qu’une rumeur: les journaux de William Randolph Hearst (célèbre magnat américain de la presse écrite, qui inspira à Orson Welles son personnage de Citizen Kanenda) auraient entraîné les Etats-Unis dans une guerre contre l’«Empire espagnol», qui mena à la prise de Cuba, en 1898. 

La seconde représente un sommet dans l’histoire du journalisme moderne: c’est l’affaire du Watergate, en 1972, provoquant la démission, deux ans plus tard, du président Richard Nixon (enquête menée par Bob Woodward et Carl Bernstein dans le Washington Postnda).

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