Les légendes du château de Gruyères (4/4)

© Musée de l'Elysée, Lausanne
Paysage gruérien, Marcel Imsand.

Victor Tissot, écrivain d'origine fribourgeoise, découvre en 1888 le château de Gruyères. Ebloui par l'attitude royale des lieux, il remonte dans l'histoire de cette «petite cour française, qui fut la plus charmante et la plus gracieuse de la Suisse».

Ecrivain d’origine fribourgeoise, Victor Tissot (1845-1917) s’est intéressé de près aux pays d’Europe centrale et orientale. Ainsi, il a publié une série d’ouvrages qui portent les titres suivants: La Russie et les Russes (1882), Russes et Allemands (1881), Vienne et la vie viennoise (1878), La police secrète prussienne (1884), Au berceau des Tsars (1906)... Tissot publie également des récits de voyage intitulés La Suisse inconnue (1888), Hors de France. En Suisse: en Gruyère (1891), La Suisse merveilleuse (1913)… Ancien rédacteur en chef de la Gazette de Lausanne, il lègue ses archives au Musée gruérien de Bulle.

Il faut dire qu’une grande complicité liait l’écrivain au chef-lieu du Sud fribourgeois et ses écrits démontrent son grand attachement à la «verte Gruyère», à ses habitants, à leur culture et à leur histoire. L’extrait tiré de La Suisse inconnue illustre bien la pensée de Victor Tissot lorsqu’il évoque ce passé omniprésent qui se confond avec les légendes enracinées dans le terroir. La visite du château de Gruyères projette le lecteur au temps de Chalamala et du comte Michel, figures qui seront récupérées dans le premier XXe siècle par le mouvement régionaliste…

Alain Chardonnens, historien, enseignant et formateur à Fribourg

Arrivés à Albeuve à la tombée de la nuit, nous y passâmes la journée du lendemain à nous reposer des fatigues d’une course d’environ dix heures, d’une seule traite. Albeuve, incendié il y a une dizaine d’années, n’est plus le charmant village fribourgeois de jadis, aux vieilles maisons de bois roussi du soleil, aux grands toits en auvent, couverts de bardeaux et de mousse, aux larges cheminées noires par où s’échappent des fumées blanches et où entrent, comme des messagers du bon Dieu, les joyeuses hirondelles, esprits protecteurs du foyer. Albeuve, avec ses bicoques de pierre sans cachet, sans originalité, a un air de banlieue, un aspect triste de cité ouvrière. Mais ce qui n’a pas changé, c’est la bonté de ces braves gens, l’amabilité de l’hôte et de l’hôtesse de L'Ange. Sans doute, enseigne oblige; mais la profession d’ange sur la terre est diablement difficile, même pour un hôtelier abonné à La Liberté et à l’Ami du peuple qui donnent cependant à leurs lecteurs la recette pour acquérir toutes les perfections et toutes les félicités dans ce monde et dans l’autre; recette facile et peu coûteuse, qui se résume en deux mots: «Soyez des nôtres!».

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