Les derniers bang bang de Chongqing

© Julien Hazemann
Li Wenyin transportant des marchandises dans Chaotianmen.

Chongqing, ville en relief, doit sa croissance aux bang bang, des porteurs de marchandises. Longtemps méprisés par les citadins, ils se sont fait leur place et gagnent décemment leur vie. Pourtant, le métier est en danger, faute de relève dans une mégapole en pleine mutation.

Chongqing, surnommée la ville-montagne car logée dans les collines du centre de la Chine, est coupée par la rivière Jilanling et le cours supérieur du fleuve Yangzi Jiang (nommé aussi autrefois le Yang-Tsé) qui traverse le pays jusqu'à Shanghai. Après avoir été longtemps l'une des principales villes de la province intérieure du Sichuan, la cité, qui a amorcé son développement dans les années 90 jusqu’à devenir une mégalopole d’une quinzaine de millions d’habitants, est l'une des quatre municipalités de la République populaire de Chine, au même titre que Shanghai, Pékin et Tianjin.

Pendant des siècles, Chaotianmen à la pointe de la presqu'île a été l'accès principal à Chongqing. Les bateaux y chargeaient et déchargeaient des marchandises. A cause de son relief, Chongqing s’est construite autour de ses escaliers, ce qui en fait la seule grande ville chinoise exempte de vélos, les pentes y étant trop raides. La seule manière de transporter les marchandises entre les bateaux et la ville, c’était donc à dos d’homme. Les porteurs de Chongqing, pour la plupart originaires de la campagne, ont alors utilisé des bâtons de bambou pour travailler: des bang. On les a donc appelés les «bang bang», et ils sont devenus l’emblème de Chongqing.

Le quartier de Chaotianmen est devenu une immense zone marchande. Des kilomètres de boutiques en gros fournissent les magasins de la ville où l'on trouve presque de tout: vêtements, jouets, literie, ustensiles de cuisine... 

Chongqing doit sa modernité à la sueur des bang bang qui travaillent chaque jour de la semaine, parfois même la nuit. Bien qu'ils soient l'un des piliers du développement de l'agglomération chinoise, ils ont longtemps été méprisés socialement et économiquement. A leurs yeux même, le terme de bang bang est péjoratif. 

Un statut social qui a cependant évolué ces dernières années avec l'afflux de nouveaux citoyens dans la cité. De meilleurs prix des courses ont ainsi permis à certains bang bang d'acheter un appartement, de payer des études à leurs enfants ou de construire une maison dans leur village natal. En partie récompensés pour leurs efforts, les bang bang doivent cependant affronter un autre défi: la mort de leur métier. Les jeunes n'en veulent plus, car trop éprouvant physiquement et pas suffisamment considéré. A cela s'ajoute la modernisation de Chongqing qui voit ses fameux escaliers petit à petit remplacés par des routes sur lesquelles les marchandises peuvent circuler sans porteur.

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