Sept Logo

www.sept.info/de/presse-diesbach-episode-5

Zurück
Les débuts de la fin du secret bancaire suisse (5/21)
La succursale du Crédit Suisse à Chiasso, en Suisse, le 26 mai 1979.© Keystone

Les débuts de la fin du secret bancaire suisse (5/21)

En 1977 éclate l'affaire de la Texon à Chiasso. Ce scandale bancaire du siècle ternira non seulement durablement la réputation de la place financière suisse jusqu'à l'abandon du secret bancaire en 2009, mais aura également de profondes conséquences politiques.

 47 minutes de lecture

Ce 14 avril 1977, l’agence Associated Press annonce que le Credit Suisse (CS), l’une des trois grandes banques du pays, aurait perdu 250 millions de francs à la suite d’opérations non autorisées entre sa filiale de Chiasso et un gros client étranger. Est-il question de 250 millions ou bien plus? C’est le scandale bancaire du siècle. Alors que je multiplie les coups de téléphone, je reçois un appel du responsable romand de l’information du Credit Suisse. II veut me voir d’urgence pour me raconter l’histoire. On ne peut pas faire de la recherche d’information en Suisse sans s’intéresser à l’économie et à la finance. Avec les chefs de communication qui se multiplient comme des petits pains, la tactique à adopter est toute simple: le journaliste doit être complètement disponible, ouvert, mais refuser tout copinage, toute concession à la vérité au détriment des lecteurs. Généralement, une sélection naturelle intervient assez vite. Il y a ceux qui ont choisi de dire la vérité ou de se taire lorsqu’elle est trop cruelle, et ceux qui estiment que les journalistes sont des valets qu’il s’agit de faire danser sur la musique de leur propagande. Mais le chef de presse du Credit Suisse, un type bien, me dépeint franchement les monstrueux contours de la Texon que je suis l’un des premiers à présenter dans la Tribune de Lausanne-Le Matin.

Le scandale de la Texon est un véritable tremblement de terre qui ébranle le monde politique et financier helvétique. Affront suprême et aveux de l’importance du cas, la Banque Nationale Suisse (BNS), l’Union de Banques Suisses (UBS) et la Société de Banque Suisse (SBS) offrent spontanément au Credit Suisse un crédit de 3 milliards de francs, «en cas de nécessité». En clair, la Suisse craint pour la solidité de son franc et ce geste vise à garantir la stabilité de la monnaie nationale, dont la solidité des banques est un facteur déterminant. Le Credit Suisse (CS) refuse cette offre, outré de la feinte compassion de ses concurrents rigolards: «Nous sommes tout à fait capables de rembourser nos pertes. Cette proposition qui va faire croire que nous sommes fort mal-en-point ne va pas nous faciliter les choses.» Le conseil d’administration du CS siège sans interruption alors que la Commission fédérale des banques se fait informer d’heure en heure. 

Voici, en résumé éclair, l’histoire de la Texon de Chiasso. A la fin des années 60, le CS ouvre une filiale à Chiasso. La prospérité est immédiate. Avec ses 65 collaborateurs, elle se place au quatrième rang des filiales du CS. De quoi ravir le siège zurichois de la banque qui ne cesse de citer Chiasso en exemple. Cette succursale est dirigée par Ernst Kuhrmeier, et deux directeurs adjoints, Claudio Laffranchi et le Fribourgeois Meinrad Perler. Ernst Kuhrmeier devient rapidement une personnalité de la région. Sa renommée, sa rondeur, sa générosité dépassent les frontières du Tessin et s’étendent largement en Italie. Son adjoint Claudio Laffranchi est député au Grand Conseil tessinois. Meinrad Perler assure qu’il n’a pas participé directement à la fraude, mais reconnaît qu’il n’a pas eu le courage de dénoncer ses collaborateurs. Au Tessin, Kuhrmeier souffre de ses compétences limitées par Zurich. Dès 1974, il met au point un système lui permettant d’agir pour son propre compte. Lui et Laffranchi reçoivent d’importantes sommes d’argent de leurs clients, principalement italiens. Ils expliquent à ces derniers qu’il est beaucoup plus profitable de placer leur argent à moyen ou à court terme sur des marchés étrangers, qui offrent des intérêts bien supérieurs que le CS. Toutes les banques suisses rendent ce genre de services à leurs clients, mais les directeurs de Chiasso se lancent dans ces investissements sans en respecter les règles. Ils omettent d’informer la direction du CS de la plupart des opérations réalisées. Ils parviennent à obtenir la confiance d’un grand nombre de clients, 1’200 environ. Concrètement, les directeurs se rendaient avec leurs clients, presque tous italiens, dans un bureau d’avocats se trouvant dans le même immeuble que le CS de Chiasso, étude où travaillent les juristes Noseda, Villa et Gada. Sur du papier du Credit Suisse, ils rédigent des reconnaissances de dettes garanties par la grande banque et signées par le directeur et le vice-directeur. L’argent est ensuite versé, à l’insu de la direction générale du CS semble-t-il, à la société financière Texon, sorte de boîte aux lettres dont le siège est à Vaduz. Texon place à son tour cet argent principalement dans trois sociétés italiennes: Winefood, qui contrôle 20% de la production vinicole italienne, Albarella-Mare, qui possède un centre de vacances à demi-construit dans la lagune de Venise, et Ampaglas, qui exploite des fabriques de matières plastiques. Les directeurs de Chiasso ont placé de cette manière 2,5 milliards de francs. L’argent de leurs clients est engagé à court terme (de trois mois à une année). Les sociétés italiennes ne rapportant pas un sou à cause de la récession, les directeurs doivent rapidement rembourser les premiers prêts avec intérêts. Dans ce dessein, ils empruntent d’autres sommes d’argent et se retrouvent bientôt engagés dans un engrenage infernal. Pour connaître l’étendue du chaos, le CS devra vendre l’ensemble des propriétés italiennes, dont la valeur est estimée à 2,25 milliards de francs. Le trou final pourrait être de 250 à 300 millions, ou bien plus.

Roger de Diesbach

durch Roger de Diesbach

Roger de Diesbach (1944–2009) war ein einflussreicher Schweizer Journalist, bekannt für sein Engagement für einen rigorosen investigativen Journalismus. Als Chefredakteur von La Liberté von 1995 bis 2004 verwandelte er diese Freiburger Tageszeitung in ein unabhängiges Westschweizer Medium, das die Wahrheit verteidigte, selbst wenn sie unbequem war. Preisträger des Prix Jean-Dumur im Jahr 1987, ist er Autor mehrerer Werke, darunter Presse futile, presse inutile.

Die Fortsetzung dieser Geschichte ist kostenpflichtig.

Abonnieren Sie

Und genießen Sie unbegrenzten Zugang zur Website für nur USD 5,90 /Monat.

Haben Sie bereits ein Abonnement? Melden Sie sich an!
Unsere Abonnements ansehen

Kaufen Sie diesen Artikel

Ab 3 dollars bestimmen Sie selbst den Preis, um auf diese Geschichte zuzugreifen und uns unverbindlich zu unterstützen.

Schnelle und sichere Zahlung mit Stripe

vor dem Fortfahren anmelden

Bereits abonniert?

Melden Sie sich an um auf diesen Inhalt zuzugreifen.

Alle Hashtags

Abonnieren Sie unseren Newsletter

Abonnieren Sie unseren Newsletter und lesen Sie einen kostenlosen Auszug unserer Geschichten, sobald sie online veröffentlicht werden. Bleiben Sie außerdem über die Veröffentlichung unserer Mooks und Bücher informiert.

Unsere Partner

Union des éditeurs de voyage indépendants

Union des éditeurs de voyage indépendants

Die besten Reiseverlage der Welt

Association Films Plans-Fixes

Association Films Plans-Fixes

Erstellung von gefilmten Porträts bekannter oder unbekannter Persönlichkeiten aus der Romandie

Le Livre sur la Place

Le Livre sur la Place

Hauptliteraturfestival zum Schuljahresbeginn in Nancy

Fondation Aventinus

Fondation Aventinus

Unterstützt die Medienvielfalt in der Westschweiz

Baiutti

Baiutti

Der zeitgenössische Baumeister

BCF

BCF

Die Kantonalbank von Freiburg

Canton de Fribourg

Canton de Fribourg

Kultur im Dienste der Freiburger

Canton de Vaud

Canton de Vaud

Kultur im Dienste der Waadtländer

DIMAB

DIMAB

Ihr Partner für BMW, MINI und ALPINA in Waadt, Wallis und Freiburg

Events Sugiez

Events Sugiez

Schöpfer von Festbereichen

Fondation Fabrizio Calvi

Fondation Fabrizio Calvi

Förderung des investigativen Journalismus

Fondation Jan Michalski

Fondation Jan Michalski

Für das Schreiben und die Literatur

Fotostiftung Schweiz

Fotostiftung Schweiz

Das fotografische Erbe der Schweiz bewahren

Histoire et cité

Histoire et cité

Romanisches Festival, das die zeitgenössischen historischen Herausforderungen hinterfragt

InForm

InForm

Verein für Informationsintelligenz

Journal La Motta

Journal La Motta

Entdecken Sie jeden Sommer Freiburg, anders

Keystone-ATS

Keystone-ATS

Die Schweizer Nachrichtenagentur

Kompreno

Kompreno

Das Beste des europäischen Journalismus

La nuit de la photo

La nuit de la photo

La Chaux-de-Fonds verteidigt die Fotografie

La Semeuse

La Semeuse

Kaffee geröstet auf 1000 Metern Höhe

Les Journées photographiques de Bienne

Les Journées photographiques de Bienne

Festival zur Erkundung neuer Perspektiven des Bildes

Morand Constructions Métalliques

Morand Constructions Métalliques

Die Metallspezialisten seit 1899

Musée gruérien

Musée gruérien

Museum, das der Kultur und Geschichte von Gruyère gewidmet ist

OLF

OLF

Office du livre de Fribourg

OIKOS & CO SA

OIKOS & CO SA

Beratungsunternehmen für spezielle Finanzierungen

Photo Basel

Photo Basel

Kunstmesse, die der Fotografie gewidmet ist

Photo Elysée

Photo Elysée

Kantonales Waadtländer Museum für Fotografie

Raboud Group

Raboud Group

Innenarchitektur mit Sitz in Bulle

CO 2

CO 2

Kultursaison CO2 de la Gruyère

Rollin

Rollin

Webentwicklungsagentur

TBB

TBB

Wichtige Kulturszene von Yverdon-les-Bains

Vigousse

Vigousse

Wöchentliches satirisches Magazin der Romandie

Ville de Lausanne

Ville de Lausanne

Bibliotheks- und Archivdienst

Payot libraire

Payot libraire

Große unabhängige und engagierte Schweizer Buchhandlung im Herzen des kulturellen Lebens der Romandie