«Face à l'Otan, nous aurions dû envoyer les tanks à Kiev» (1/2)

Egor Kholmogorov est un intellectuel populaire de la droite conservatrice, fort en verve. Rencontre à Moscou avec ce nationaliste influent, qui représente un mouvement qui prend de l’ampleur en Russie.

Egor Kholmogorov Ukraine Egor Kholmogorov Ukraine
L'intellectuel nationaliste Egor Kholmogorov explique l'émergence du nationalisme russe.© Jean-Christophe Emmenegger

L’intermédiaire qui m’a mis en contact avec Egor Kholomogorov m’a rassuré: «Ne t’inquiète pas. Il n’a pas le crâne rasé, pas de tatouages louches et il ne descend pas des canettes de bière ou de vodka, comme le voudraient les clichés!» Egor Kholmogorov est né en 1975. Nous sommes égaux sur ce point. C’est un idéologue plus ou moins proche du Kremlin. Là, je m’éloigne de lui dans ma quête d’un royaume sans famille. Mais je suis curieux de ce territoire méconnu de la Russie idéologique, et ce sera la moindre des politesses d’en reconnaître les manifestations. 

On m’avait dit que pour comprendre l’état de «toutes les Russies» et surtout l’émergence du nationalisme russe depuis quelques années, Egor Kholmogorov était l’homme de la situation. Il fait partie des intellectuels nationalistes qui comptent à Moscou, en particulier depuis le déclenchement de la crise ukrainienne. Nous nous retrouvons dans la capitale russe, devant une bouche de métro, après avoir échangé nos singularités par téléphone. Rondouillet mais d’allure énergique et d’apparence excentrique, je le reconnais de loin. Il porte la barbe, rousse, peut-être en signe extérieur de son orthodoxie, qu’il assume. Brèves présentations et déjà il parle, il parle; et nous marchons, nous marchons longuement à l’affût d’une table de bistrot libre ce soir de printemps suave et un peu plat, qui succède à l’euphorie de la grande fête commémorative du 9 mai.

Il prévient mes questions, devinant (ou croyant) que tout ce qu’il dit passera pour important à l’Européen qui se renseigne sur ces Russes injustement décriés à cause de la figure métonymique préférée de la presse politique: Poutine=Russie. D’ailleurs, je n’ai pas préparé de questions, nous allons avoir une conversation à bâtons rompus. Il commande un chocolat chaud, sur la terrasse du bistrot asiatique où nous nous installons. Avant de se raviser parce que j’ai commandé une bière – par politesse? Ce sera donc un cocktail sophistiqué et deux sushis pour lui.

Après quelques jours à Moscou, il sera mon point d’orgue à une série de rencontres intéressantes et variées. Loin de l’inutile représentation des Russes en deux camps: la masse des «poutiniens» sans cervelle contre la petite élite des opposants progressistes, forcément démocrates, parlant anglo-américain et prônant quelques valeurs qui ne sont de toute façon plus celles de la francophilie ou de la germanophilie d’avant la révolution. Rien n’est si simple.

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