Une vie en enfer

© Sidney Léa le Bour

De la blancheur immaculée des carrières de calcaire d’Al-Minya aux épaisses fumées toxiques des mines de charbon du Jharkhand, des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants risquent chaque jour leur vie dans des mines, pour un salaire de misère.

Un désert d'une blancheur aveuglante. Ni air ni ombre, mais de la poussière partout et des températures pouvant atteindre 60 degrés. Au milieu de ce décor cinématographique, des monstres d’acier aux dents acérées qui vont et viennent dans un vacarme assourdissant, prêts à happer un bras ou une jambe des forçats du calcaire. Pour 6 ou 7 francs la journée, du lever du jour à 14 heures, lorsque le soleil devient brûlant et la chaleur insupportable, des centaines d’hommes de tous âges et mal équipés creusent les carrières d’Al-Minya, capitale de la Moyenne-Egypte, à environ 245 km au sud du Caire. Au péril de leur vie. 

Depuis plus d’un siècle, un incendie ronge le sous-sol de l’Etat du Jharkhand, premier bassin houiller de l’Inde. Se propageant de veine en veine dans les mines mal entretenues et principalement exploitées par la société Bharat Coking Coal Limited (BCCL), propriété du gouvernement, les flammes rougeoyantes fissurent les terrains, détruisent les villages et enveloppent la région d’épaisses fumées toxiques. Dans cet enfer survivent des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui, à l’aube, avant l’arrivée de la police, multiplient les allers-retours afin de collecter le maximum de charbon. Un travail illégal et risqué pour quelques francs par jour.

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