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Un éléphant d'Asie mâle dans la réserve de Bandipur.© DR

A charge des éléphants (4/4)

Dans l’Etat indien d’Assam, à l’extrême nord-est du pays, les paysans ne savent plus comment faire fuir les éléphants qui viennent se nourrir dans leurs champs et leurs villages.

Les éléphants ont attaqué Nohotia pour la neuvième nuit consécutive. Dès le lendemain, les villageois ont assailli le standard du département des Forêts. Les appels ont été si nombreux que ce dernier a accepté d’envoyer des renforts. Cet après-midi, une centaine d’hommes et de garçons de Nohotia sont rassemblés sur les rives du fleuve. Ils surplombent une péninsule sablonneuse de huit hectares, couverte d’arbres, qui se détache de la berge: le repère actuel du troupeau errant. Le propriétaire, Jogen Bora, nous a guidés sur un sentier le long de la berge où il fallait éviter les tas d’excréments d’éléphants. Nous nous sommes assis pour attendre le troupeau.

Le villageois Bora a commencé à cultiver en 1990, à l’âge de 34 ans. «A l’époque, il n’y avait rien de tout cela», nous dit-il en balayant la péninsule d’un geste du bras. «Le niveau du fleuve atteignait la berge principale et les terres étaient recouvertes par la forêt. J’en ai défriché une partie avec d’autres villageois pour nos cultures. La forêt était remplie de coucous shikra, de pythons et d’autres petits animaux. Il y avait ces énormes lézards d’un mètre vingt de long, que je n’avais jamais vus auparavant. Ils sont tous partis quand nous avons défriché. Avant de faire ma première culture, je suis allé au bord du fleuve et j’ai déposé des noix de bétel sur une feuille de bananier, que j’ai ensuite mise à l’eau. J’ai fait une prière à l’esprit du fleuve en lui demandant d’être clément. La feuille de bananier a flotté à contre-courant pendant un petit moment, puis elle a basculé et a été engloutie par le fleuve. Il a accepté l’offrande, après quoi il s’est mis à former une langue de terre à partir de la berge, où la forêt a repoussé. Je n’ai jamais cultivé cette portion de terre, afin que les animaux que j’avais expulsés puissent y trouver refuge. Je ne laisse personne chasser ici.» Il est assis en tailleur sur le sable, tapotant sur le sol avec un bâton. «Aujourd’hui, on me demande de défricher car ils disent que j’abrite les éléphants. Mais je ne veux pas. Les petits animaux et les oiseaux ont besoin d’un foyer. Bien sûr, je n’aurais jamais pensé qu’il y aurait un jour des éléphants.»

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