Moi, Emad Salem, agent du FBI chez les islamistes (1/11)

En devenant la première taupe du FBI à intégrer Al-Qaïda aux Etats-Unis, Emad Salem a voulu protéger l'Amérique du fanatisme religieux. Traqué depuis plus de 20 ans, son histoire nous plonge dans la genèse du groupe terroriste responsable des attentats du 11 septembre 2001.

Emad Salem a tellement souvent changé de nom qu’il lui arriverait presque d’oublier son identité actuelle. Il a vécu dans tant de villes qu’il en a perdu ses racines. Un jour barbu et chevelu, le lendemain tondu et le visage glabre, il est toujours prêt à partir, entraînant femme et enfants, abandonnant tout derrière lui.

Pour le rencontrer, il faut passer par une série d’intermédiaires, laisser des messages, appeler des numéros de téléphone relais. Il fait partie des témoins les plus protégés par le gouvernement américain, membre du très sélectif Federal Witness Protection Program, en compagnie du gotha des traîtres, des repentis de la mafia, des balances des cartels latino-américains de la drogue et des anciens du KGB, les fameux services secrets soviétiques. 

«Ma famille et moi-même sommes des fugitifs», explique Emad Salem qui, armé jusqu’aux dents, protégé par des systèmes d’alarme sophistiqués, est toujours prêt à prendre la fuite. «Pas parce que j’ai fait quelque chose de mal, au contraire parce que j’ai fait quelque chose de bien. Ma femme, nos enfants et moi-même sommes obligés de changer constamment d’identités pour échapper aux terroristes les plus dangereux de la planète. Je vis sous la menace permanente d’une fatwa, une condamnation à mort prononcée par un redoutable chef de réseaux islamistes. Les islamistes, le Hezbollah, plusieurs services secrets arabes ou encore les Iraniens me cherchent depuis plus de vingt ans. Et ils me traqueront inlassablement jusqu’à ma mort.»

Quand j’ai vu Emad Salem pour la première fois, je dois avouer que je me suis sérieusement gratté la tête. Au téléphone, il m’avait prévenu: pour notre rencontre (je devais l’interviewer pour un film sur le 11 septembre pour Arte: Les routes de la terreur), il allait se déguiser afin qu’aucun de ceux qu’il a balancés au FBI, le Bureau fédéral américain d’investigation, ne puisse le reconnaître. 

En le voyant engoncé dans son trench-coat, grand chapeau sur la tête, le regard caché derrière de très épaisses lunettes noires, j’ai failli éclater de rire. Il s’était rasé le crâne et il portait une moustache à la Hulk Hogan. Il faisait d’ailleurs furieusement penser au catcheur le plus médiatisé des Etats-Unis.

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