Des djihadistes à New York (7/11)

Au sein de l’organisation d’Al-Qaïda, Emad Salem n’est pas la seule taupe infiltrée. On y trouve également Abdo Haggag, à la botte des services secrets égyptiens. Derrière ces jeux de pouvoir, de nombreux projets d’attentats se préparent. New York est de nouveau menacé.

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Les deux tours jumelles du World Trade Center en 1992, quelques mois avant l'attentat à la voiture piégée.© Sander Lamme

Siddig Ali est un homme dangereux. En juillet 1992, il avait été pressenti pour faire partie du groupe qui allait commettre l’attentat du World Trade Center. Il devait rencontrer le chef de la cellule terroriste, el Sayyid Nosair, à la prison d’Attica, mais l’entretien d’embauche annulé, au dernier moment, n’a jamais eu lieu.

En décembre, Mahmud Abouhalima lui a aussi demandé d’effectuer des tests sur de petits échantillons d’explosifs afin de s’assurer que le dispositif meurtrier est au point. Mais Siddig Ali a trop traîné et Abouhalima s’est adressé à quelqu’un d’autre.

En fait, à l’instigation du «Cheikh aveugle», Siddig Ali a mis sur pied en 1992 un petit groupe paramilitaire d’une dizaine d’hommes, prêts à intervenir à tout moment sans poser de questions. Secondé par l’armurier de l’organisation, Clemente Hampton-el, alias le Docteur Rashid, il a organisé des séances d’entraînement dans des zones reculées de Pennsylvanie. «Pour l’infrastructure, Hampton-el était financé par des militants islamiques à l’étranger, explique aujourd’hui le District attorney, le Ministère public, Andrew McCarthy. Siddig Ali choisissait les recrues avec la bénédiction d’Abdel Rahman.»

Par la suite, Siddig Ali s’est laissé aller aux confidences avec Emad Salem: «Notre but était d’avoir des hommes parfaitement entraînés pour pouvoir intervenir partout où le djihad l’exigeait.» Les champs de bataille ne manquent pas. Les hommes d’Al-Qaïda combattent en Somalie aux côtés de ceux d’Aidid ou en Bosnie contre les Serbes.

Mais Siddig Ali n’a jamais eu l’occasion d’envoyer ses hommes à l’étranger. Parmi ses instructeurs se trouvait un infiltré du FBI, Garrett Wilson. Commencées en octobre 1992, les formations militaires de Pennsylvanie s’interrompent quatre mois plus tard, au lendemain de l’attaque à l’explosif des tours jumelles, pour cause de surveillance du FBI.

Au cours de ces quatre mois, des dizaines d’islamistes ont pris part à l’entraînement. Parmi eux, Abdo Haggag, taupe des services secrets égyptiens, qui est devenu l’ami de Siddig Ali. Ils sont prêts à intervenir dès que le «Cheikh aveugle» en donnera le signal. Ce qui ne saurait tarder.

Depuis le début des années 1990, la tension monte inexorablement en Egypte. La CIA est inquiète. Dans un rapport à l’attention du président Clinton (US National Intelligence Estimate-NIE), elle estime que le président Hosni Moubarak court le risque d’être assassiné par les militants islamistes. La tension va crescendo.

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