Dancefloor

Le Jour de la Terreur (8/11)

© FBI
Un drapeau américain retrouvé dans les débris du World Trade Center après les attentats du 11 septembre 2001.

Avant de passer à l’action, l’assassin du président Kennedy s’est entraîné durant trois ans... Les terroristes d’Al-Qaïda, à New York, savent que la patience est souvent synonyme de succès. Peu à peu, le projet de semer la terreur avec cinq explosifs de 750 kg prend forme. Le FBI peut-il les arrêter? Le Bureau peut-il les empêcher de détruire les tours du World Trade Center en cette année 1993. Suite de l’histoire extraordinaire d’Emad Salem, taupe infiltrée par les agents US dans l’organisation islamiste.

Emad Salem place son Nagra dans un compartiment caché de sa mallette. Il met son plus beau costume et se rend ce 23 mai 1993 dans un petit appartement de Fairview Avenue à Jersey City, chez le «Cheikh aveugle». C’est le Vatican de la terreur islamique. L’infiltré passe sans mal le barrage des gardes du corps, secrétaires et traducteurs, dernier cercle de l’enfer du cheikh.

Siddig Ali a mis en garde Emad Salem, il ne doit en aucun cas parler explicitement du plan ou des cibles. L’appartement est sans doute truffé de micros. La conversation doit être suffisamment vague pour que le maître puisse nier avoir jamais eu connaissance de leur plan. Par exemple, il ne faut pas demander « Peut-on faire sauter l’immeuble des Nations Unies?» mais: «Quelle est la règle islamique si on veut tuer le gouvernement des infidèles?»
– Cheikh, demande Emad Salem, peut-on parler en privé?

Emad Salem n’a aucune intention d’avoir un entretien devant la dizaine d’hommes qui s’entassent dans l’appartement. Il entraîne le vieil homme dans la cuisine, qui est, à ses dires, la seule pièce exempte de micros. En réalité, on s’en souvient, c’est au contraire le seul endroit sous écoute. Mais le cheikh est prudent. Il ne parle pas, il chuchote. 

Qu’importe! Emad Salem place le micro dissimulé sur le dessus de son attaché-case bien en face de son interlocuteur. Très près. L’infiltré sait que l’enregistrement de la conversation peut être crucial s’il devait y avoir un procès contre le prédicateur.
– Cheikh, dit Emad Salem. Je voudrais renouveler ma bay’ah (serment d’allégeance). Vous êtes mon émir et je suivrai vos préceptes sans discussion aucune.

Le «Cheikh aveugle» acquiesce.
– Siddig et moi-même avons besoin d’un avis religieux. Nous préparons un travail.

Abdel Rahman l’interrompt brutalement.
– Va voir Mahmud… Demande-lui ce qu’il pense de Siddig!

Mahmud c’est le frère de Mohammed Abouhalima. Depuis quelque temps, le «Cheikh aveugle» nourrit des doutes au sujet de Siddig. Serait-il la taupe que la police secrète égyptienne a infiltrée dans ses rangs? Mahmud Abouhalima saurait-il quelque chose qu’Emad Salem ignore? 

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