«Le Brésil prend le chemin de la guerre civile»

© Lia de Paula/Agência Senado
Le 9 octobre 2013, Glenn Greenwald indique devant la commission brésilienne qui enquête sur les accusations d’espionnage de la NSA qu'il va divulguer des documents sur la France.

Finie la trêve olympique, le Brésil renoue avec ses divisions pour le dernier acte de la procédure de destitution controversée de Dilma Rousseff qui commence ce jeudi 25 août 2016. En attendant le verdict prévu au 31 août prochain, retour sur la situation au Brésil avec le journaliste américain Glenn Greenwald, fin connaisseur du pays et critique acerbe des grands médias, dont il dénonce le rôle central dans la crise politique actuelle.

Glenn Greenwald habite depuis 11 ans à Rio de Janeiro. Blasé par le monde judiciaire, cet ancien avocat, reconverti dans le journalisme, s’est fait un nom en dévoilant plusieurs grands scandales. Les méthodes de la NSA (l’Agence de sécurité américaine), c’est lui. L’affaire Snowden, c’est encore lui.

Des révélations qui lui ont valu de nombreux prix – notamment le prestigieux Pulitzer qui a consacré en 2014 l’édition américaine du Guardian et le Washington Post pour leur publication des révélations sur le système de surveillance de la NSA et dont Glenn Greenwald fut l’un des principaux contributeurs – mais aussi l’ire de la NSA et d’une grande partie des conservateurs américains.

Un journaliste engagé qui, las des ennemis qu’il s’est faits tout au long de sa carrière, s’est posé au Brésil où il a trouvé foyer, amour et tranquillité. Avec son compagnon, il coulait depuis 2005 des jours heureux dans une maison gardée par une dizaine de chiens dans un quartier cossu de Rio de Janeiro. Mais depuis la crise politique sans précédent que traverse sa terre d’accueil, Glenn Greenwald est sorti de sa réserve. C’est une «attaque contre la démocratie», fulmine-t-il lorsque nous le rencontrons dans le café d’un grand hôtel proche de son domicile, fustigeant tour à tour les médias, les journalistes et les politiciens responsables de cette situation.

Tout a commencé avec l’opération Lava Jato (station de lavage), qui visait à chasser des élus corrompus. De nombreux chefs d’entreprise et hommes politiques ont été impliqués. Comment a-t-on pu en arriver à la situation de crise actuelle?
Au début, j’ai trouvé l’opération Lava Jato très encourageante. Il est en effet très rare que des hommes aussi puissants soient condamnés pour corruption. Pas seulement au Brésil, mais aussi en Europe ou aux Etats-Unis où ceux-ci disposent d’une liberté quasi absolue. 

La suite de cette histoire est payante.

Abonnez-vous

Et profitez d'un accès illimité au site pour seulement 7.-/mois.

Je profite → Déjà abonné? Connectez-vous.

Achetez cet article

Nouveau: dès 0.50 CHF, payez votre histoire le prix que vous voulez!

Je me connecte → Paiement rapide et sécurisé avec Stripe