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Le conseiller fédéral Pierre Aubert reçoit Mobutu Sese Seko en mai 1983 à Berne. © Keystone

La Suisse, pays de cocagne des escrocs de tout poil (15/20)

L'aigrefin franco-libanais Anthony Gabriel Tannouri a notamment grugé le FC Fribourg, l'ancien patron de La Suisse et un ex-président de la Confédération. Quant au dictateur congolais Mobutu, il entretenait non seulement de bonnes relations avec certains de nos conseillers fédéraux, mais possédait aussi une villa et des comptes en Suisse.

En ce jour de décembre 2006, en allumant ma télévision, je tombe sur Anthony Gabriel Tannouri, triomphant, qui dit tout son bonheur d’avoir retrouvé son Liban et des affaires florissantes. Sacré Tannouri, combien de fois nos routes se sont-elles croisées? Il fait partie des aigrefins auxquels on finirait par s’attacher. Début octobre 1987, la TV italienne RAI relance l’affaire: trois conteneurs de 50 tonnes au total seraient restés plusieurs mois à Genève. Ils auraient renfermé non pas du «matériel électronique rectifié» (comme l’affirmait en 1982 déjà le magazine arabe Al-Watan al-Arabi, édité à Paris) mais chacun une bombe atomique de 20 mégatonnes. Ces bombes, provenant de l’atoll français de Mururoa, étaient destinées à Kadhafi. Elles auraient transité par Genève-Cointrin avant de disparaître dans la nature. La RAI affirme avoir filmé des documents prouvant que les conteneurs ont stationné dans le port franc de Genève, dans un emplacement réservé à la société genevoise de transports Danzas. L’homme qui a monté le coup des «bombes» est notre Anthony Gabriel Tannouri, un petit affairiste transformé en puissant financier par la grâce de Kadhafi. Il a un appartement à l’avenue Foch et se dit l’ami des grands de ce monde.

Nous nous demandons si toute cette histoire n’est pas une intox destinée à vendre du matériel nucléaire bidon au colonel Kadhafi qui aurait payé 1,2 milliard de dollars pour financer l’opération. Ces prétendues bombes auraient aussi permis à Tannouri de mettre en concurrence les Libyens et les Saoudiens. Il aurait ainsi tenté dans la foulée de soustraire 620 millions de dollars au financier saoudien Mazen Rashad Pharaon, frère du banquier Gaith Rashad Pharaon, proche de la famille royale saoudienne. Tannouri aurait également essayé de fourguer à Pharaon pour 47 millions de francs un paquet d’actions Generali, la première compagnie d’assurance italienne. Interrogé, Claude Zangger, vice-directeur de l’Office fédéral de l’énergie et spécialiste de la non-prolifération nucléaire, estime que l’existence de ces bombes de 20 mégatonnes est totalement farfelue. A Hiroshima, on parlait de kilotonnes. Question sans réponse: les services de renseignements français n’ont-ils pas coopéré à l’intox, au piège tendu à Kadhafi? Cela expliquerait la grande clémence de la France pour le superbe margoulin Tannouri qui a été naturalisé Français en 1987.

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