Retrouvez ce récit dans Sept mook #52, Moi, Anne Bonny, femme d'abordage
C’est un chapitre sombre et triste de l’histoire suisse, celui des enfants placés. Jusque dans les années 1980, plus de 100’000 enfants et adultes ont subi des mesures de coercition à des fins d’assistance ou des placements extrafamiliaux. Nombre d’entre eux ont vécu de graves injustices et de terribles souffrances parce qu’ils étaient issus de familles pauvres ou parce que leurs mœurs ne correspondaient pas au mode de vie bourgeois de l’époque.
Souvent, ces situations ont fait l’objet de critiques et d’oppositions. Longtemps, celles-ci sont restées ignorées du monde politique. C’est grâce à l’engagement sans faille des personnes concernées et des associations de victimes que les autorités ont commencé à montrer leur volonté d’affronter le passé. Deux de mes prédécesseurs, en lien avec des cantons, des Eglises et des associations, ont présenté en 2010, puis en 2013 des excuses aux victimes au nom du gouvernement suisse. Un tournant.
Une nouvelle étape a été franchie avec l’entrée en vigueur en 2017 de la loi fédérale en la matière. Son but principal consiste à reconnaître les injustices faites aux victimes et à tenter d’apporter une contribution à la réparation. Jusqu’à ce mois d’octobre 2025, date de publication de ce texte, plus de 11’200 victimes ont reçu une contribution de solidarité, qui symbolise la reconnaissance des injustices subies et l’expression de la solidarité de la société. Des services cantonaux et les archives aident aussi les personnes concernées à déposer leur demande et à retracer leur histoire. Cette quête personnelle coûte beaucoup d'efforts et de larmes. La Confédération soutient, en outre, les projets d’entraide des organisations de victimes. Cette reconnaissance revêt une grande importance non seulement pour les personnes encore en vie, mais aussi pour les proches de toutes celles et tous ceux qui sont décédés depuis longtemps.
Le milieu scientifique apporte aussi une contribution essentielle pour comprendre comment et pourquoi les injustices ont été commises, ainsi que leurs conséquences sur les personnes concernées. La Confédération, des cantons, des communes, des institutions et des associations ont également lancé des projets de recherche dont les résultats seront mis à disposition du grand public. Toutes ces connaissances seront diffusées à travers une plateforme web, une exposition itinérante et une application pédagogique dans le cadre du programme «Se souvenir pour l’avenir», afin de servir de leçon aux générations futures.
Sur le plan juridique, le changement a été entamé depuis 1978 avec la révision du droit de l’enfant, qui améliore la situation des enfants nés hors mariage. En 1981, de nouvelles dispositions sur la privation de liberté à des fins d’assistance sont entrées en vigueur, réalisant ainsi d’importantes prescriptions procédurales prévues par la Convention européenne des droits de l’homme. Depuis 2013, le nouveau droit de la protection de l’enfant et de l’adulte corrige les défaillances du passé. Et cela, notamment grâce à la professionnalisation des autorités compétentes, au renforcement de l’autodétermination et des droits procéduraux des personnes concernées et à l’instauration de mesures de soutien personnalisées. Tous ces travaux législatifs et ceux en cours tiennent compte des leçons tirées du travail de mémoire engagé. Malgré tout, nous devons rester vigilants.
Des questions fondamentales doivent toujours guider nos actions. Comment protéger une personne sans porter atteinte à sa dignité? Quand l’Etat peut-il ou doit-il intervenir et par quels moyens? Quelle influence peut avoir notre conception de la «bonne famille», de la pauvreté, et des différences culturelles? Actuellement, le principal défi en matière de protection de l’enfant consiste à trouver un équilibre entre, d’un côté, ses droits et son besoin de protection, et de l’autre, le respect de l’autonomie de la famille.
La Suisse fait désormais figure de modèle pour le Conseil de l’Europe. Mais nous ne devons pas nous en contenter. Il me tient à cœur que l’important travail de mémoire engagé jusqu’à présent se poursuive. Nous le devons aux personnes concernées et à leur famille, bien sûr, mais aussi à la société. Pour ne jamais oublier. Pour que les générations futures puissent tirer les leçons des erreurs du passé.
Erinnern für morgen
Das Verdingwesen ist ein dunkles und trauriges Kapitel der Schweizer Geschichte. Bis in die 1980er Jahre waren in der Schweiz hunderttausende Kinder und Erwachsene von fürsorgerischen Zwangsmassnahmen oder Fremdplatzierungen betroffen. Viele von ihnen erlitten dabei grosses Unrecht und schweres Leid, weil sie aus armutsbetroffenen Familien stammten oder ihre Lebensweise nicht den damaligen Vorstellungen eines bürgerlichen Lebens entsprach.
Kritik und Widerstand gegen diese Eingriffe hat es immer schon gegeben, doch die Politik hörte lange nicht hin. 2010 und 2013 kam dann der Wendepunkt: Zusammen mit Vertretungen der Kantone, Landeskirchen und Verbände baten zwei Vorgängerinnen von mir die Betroffenen im Namen der Schweizer Regierung um Entschuldigung.
Ein weiterer Meilenstein war 2017 das Inkrafttreten des Bundesgesetzes über die Aufarbeitung der fürsorgerischen Zwangsmassnahmen und Fremdplatzierungen vor 1981. Im Zentrum stehen dabei die Anerkennung des Unrechts und der Versuch, einen Beitrag zur Wiedergutmachung zu leisten. Bis im Oktober 2025, dem Publikationsmonat dieses Artikels, wurden rund 11’200 Solidaritätsbeiträge an Opfer ausgerichtet – als Zeichen der Anerkennung des individuell erlittenen Unrechts und als Ausdruck gesellschaftlicher Solidarität. Kantonale Anlaufstellen und Archive stehen den Betroffenen bei der Gesuchstellung und bei der Aufarbeitung ihrer Lebensgeschichte unterstützend zur Seite. Diese persönliche Suche ist mit viel Mühe und Tränen verbunden. Der Bund fördert zudem Selbsthilfeprojekte von Betroffenenorganisationen. Diese Anerkennung ist nicht nur für die noch lebenden Opfer von grosser Bedeutung, sondern auch für die Angehörigen all jener, die längst verstorben sind.
Ein weiterer zentraler Pfeiler des Aufarbeitungsprozesses ist die wissenschaftliche Auseinandersetzung: Sie hilft zu verstehen, wie und warum es zum geschehenen Unrecht gekommen ist und welche Folgen damit für die Betroffenen verbunden waren. Der Bund, aber auch Kantone, Gemeinden, Institutionen und Fachverbände haben ebenfalls wissenschaftliche Arbeiten in Auftrag gegeben. Die daraus gewonnenen Erkenntnisse werden der breiten Öffentlichkeit zugänglich gemacht. Vermittelt werden sie im Rahmen des Programms «erinnern für morgen» über eine Web-Plattform, eine Wanderausstellung und eine Lern-App für Schulen, damit künftige Generationen daraus lernen können.
Die rechtlichen Rahmenbedingungen änderten mit der Revision des Kindesrechts im Jahr 1978, das die rechtliche Situation von unehelichen Kindern verbessert. 1981 sind neue Bestimmungen zu fürsorgerischen Freiheitsentziehungen in Kraft getreten. Damit wurden wichtige verfahrensrechtliche Vorgaben der Europäischen Menschenrechtskonvention verwirklicht. Seit 2013 gilt zudem das revidierte Kindes- und Erwachsenenschutzrecht, mit welchem viele Defizite aus der Vergangenheit korrigiert wurden. Dies insbesondere durch die Professionalisierung der zuständigen Behörden, die Betonung der Selbstbestimmung, die Einführung massgeschneiderter Unterstützungsmassnahmen und die Stärkung der Verfahrensrechte der betroffenen Personen. Bei all diesen bisherigen und auch bei den weiteren laufenden Gesetzgebungsarbeiten fliessen die Erkenntnisse der Aufarbeitung ein. Und doch müssen wir wachsam bleiben.
Wir müssen uns in unserem Handeln stets von grundlegenden Fragen leiten lassen: Wie schützen wir Menschen, ohne deren Würde zu verletzen? Wann darf – wann muss – der Staat eingreifen, und mit welchen Mitteln tut er das? Welche Rolle spielen dabei unsere Vorstellungen von der «guten Familie», von Armut, aber auch kulturelle Unterschiede? Die heutigen Herausforderungen im Kindesschutz liegen vor allem darin, ein ausgewogenes Verhältnis zwischen den Rechten und dem Schutzbedürfnis des Kindes und dem Respekt vor familiärer Autonomie zu finden.
Die Vergangenheitsarbeit der Schweiz gilt im Europarat als vorbildlich. Das soll uns aber nicht ruhen lassen. Es ist mir ein Anliegen, dass die Aufarbeitung weitergeht. Das sind wir den Betroffenen und ihren Familien schuldig, aber auch der Gesellschaft . Damit die Erinnerung nie verblasst und auch künftige Generationen aus gemachten Fehlern lernen können.