L’histoire terrible de Miss Djeck commence dans les réserves du Muséum d’histoire naturelle de Genève, où repose son crâne. Pierre-Yves Frey entreprend de reconstituer son destin. Cette éléphante d’Asie, propriété d’un Anglais, fait escale à Genève en 1837. Alors vivante, elle émerveille le public… jusqu’au jour où, prise de colère, elle tue un homme. Condamnée à mort, elle est exécutée le 27 juin 1837, dépecée puis apprêtée en pâté — un mets que les Genevois se disputent.
Son destin tragique éclaire une facette du regard occidental sur l’exotisme et les animaux sauvages. Richement illustré et solidement documenté, Du pâté d’éléphant chez Calvin redonne à Miss Djeck la place qui lui revient.
1895, Nouvelle-Zélande. Minnie Dean est jugée puis pendue à Invercargill. Son crime ? L’infanticide. Originaire d’Écosse, Minnie est baby farmer : une nourrice prête à adopter des enfants illégitimes contre de l’argent. Une manière de racheter les péchés que la respectable société victorienne préfère dissimuler.
Mais son destin bascule lorsque deux bébés dont elle a la charge meurent. Accidents ? Meurtres ? La police mène l’enquête…
Dans Baby Farmer, Amaury Da Cunha exhume ce fait divers glauque qui hante encore les mémoires néo-zélandaises. Écrivain, journaliste et photographe, il ne s’intéresse pas à Minnie par hasard : en 2020, il séjourne cinq mois à Randell Cottage, résidence d’écriture à Wellington. Là, il plonge dans la vie de la baby farmer, entre réalité historique, misère sociale et folklore local.
Dès lors, Baby Farmer propose bien plus qu’un simple récit de faits : c’est une enquête littéraire où l’auteur, tel un détective, cherche la vérité autant qu’il interroge ses propres motivations.
De rencontres en hasards, d’explications en rebondissements, Amaury Da Cunha tente de cerner Minnie — et de se cerner lui-même. Avec Baby Farmer, il nous envoûte.
Un circuit automobile. Une voiture qui sort de route. Et c’est le drame.
Le samedi 6 octobre 1973, sur le circuit américain de Watkins Glen, le pilote François Cevert perd la vie. Surnommé « le Prince », il avait 29 ans. Beau, doué, il laisse la France en deuil.
De cet événement traumatique, Xavier Charpentier — alors âgé de 9 ans — entreprend une exploration des années 1970. Il plonge dans ses souvenirs pour revivre ce qu’il appelle « l’été indien des Trente Glorieuses », la fin d’une époque d’innocence.
Ce même jour, un autre événement bouleverse le monde : les armées syrienne et égyptienne lancent leur offensive contre Israël. La guerre du Kippour commence. Quelques semaines plus tard, l’embargo sur le pétrole enclenchera un processus irréversible : la crise.
À la manière d’un entomologiste, Xavier Charpentier sélectionne dans la presse du 6 octobre 1973 des articles, entrefilets et faits divers qu’il épingle dans sa collection. Il les capture avant de les examiner minutieusement.
Son écriture fonctionne comme une loupe : elle grossit certains traits, fait apparaître des détails et tisse peu à peu les liens intimes d’une expérience, d’une histoire dans l’Histoire.
Car ce que raconte Xavier Charpentier, avant tout, c’est la manière dont lui a vécu ce 6 octobre 1973.