Liu Xiaobo, l’homme qui a défié Pékin est un ouvrage important. D’abord parce que ce petit livre rouge, écrit par le journaliste Pierre Haski, permet de comprendre la Chine d’aujourd’hui et sa trajectoire vers une dictature toujours plus intransigeante, clairement incompatible avec nos démocraties. Mais aussi — et surtout — parce qu’il rappelle que Pékin est le seul État autoritaire de l’histoire à avoir laissé mourir en prison un prix Nobel de la paix, celui de 2010.
Pourtant, le nom de ce lauréat, Liu Xiaobo, ne vous dira peut-être pas grand-chose. Et pour cause : depuis sa mort en 2017, les autorités chinoises s’emploient patiemment à effacer les traces de cet écrivain né dans les années 1950, qui refusa l’exil pour sauver sa peau et joua un rôle dans les révoltes de la place Tian’anmen en 1989. Sa faute ? Avoir osé réclamer publiquement la démocratie au moment des Jeux olympiques de Pékin en 2008. C’était dans sa Charte 08, reproduite à la fin de l’ouvrage. Une charte qui, il faut bien le dire, n’avait rien de révolutionnaire. Mais c’était le pas de trop pour les caciques du régime, qui l’ont enfermé à double tour et jeté la clé dans les douves de la Cité interdite.
Pensez donc : le pouvoir au peuple. Quelle idée…